27/01/2006

nocturne poésie

 

 

 

 

 

 

 

Me gustas cuando callas porque estás como ausente,
y me oyes desde lejos, y mi voz no te toca.
Parece que los ojos se te hubieran volado
y parece que un beso te cerrara la boca.


Como todas las cosas están llenas de mi alma
emerges de las cosas, llena del alma mía.
Mariposa de sueño, te pareces a mi alma,
y te pareces a la palabra melancolía.


Me gustas cuando callas y estás como distante.
Y estás como quejándote, mariposa en arrullo.
Y me oyes desde lejos, y mi voz no te alcanza:
déjame que me calle con el silencio tuyo.


Déjame que te hable también con tu silencio
claro como una lámpara, simple como un anillo.
Eres como la noche, callada y constelada.
Tu silencio es de estrella, tan lejano y sencillo.


Me gustas cuando callas porque estás como ausente.
Distante y dolorosa como si hubieras muerto.
Una palabra entonces, una sonrisa bastan.
Y estoy alegre, alegre de que no sea cierto.

 

Pablo Neruda

 

 

J'aime quand tu te tais, parce que tu es comme absente,
et tu m'entends au loin, et ma voix ne t'atteint pas.
On dirait que tes yeux se sont envolés,
et on dirait qu'un baiser t'a clos la bouche

Comme toutes les choses sont remplies de mon âme,
tu émerges des choses pleine de mon âme.
Papillon de rêve, tu ressembles à mon âme
et tu ressembles au mot : mélancolie.

J'aime quand tu te tais et que tu es comme distante.
Et tu es comme plaintive, papillon que l'on berce.
Et tu m'entends au loin, et ma voix ne t'atteint pas:
laisse-moi me taire avec ton silence.

Laisse-moi aussi te parler avec ton silence,
clair comme une lampe, simple comme un anneau.
Tu es comme la nuit, silencieuse et constellée.
Ton silence est d'étoile, si lointain et si simple.

J'aime quand tu te tais, parce que tu es comme absente,
distante et dolente, comme si tu étais morte.
Un mot alors, un sourire suffisent,
et je suis heureux, heureux que ce ne soit pas vrai.

extrait de "Vingt poèmes d'amour et une chanson désespérée" 

XV Poème

Pablo Neruda

 

00:05 Écrit par crysalidea | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |

Commentaires

... ne rien dire, juste se laisser couler dans les bras du fleuve, oublier les torrents, laisser le silence emplir l'endroit, déposer doucement sâ tête sur la berge et écouter le bruit provenant du plus profond, sous l'armure des flots, où seule elle peut pénétrer, pour atteindre l'océan...
asta la mañana mariposa de sueño

Écrit par : Banur | 27/01/2006

Estrella "Estrella, tú que miraste, tú que escuchaste mi padecer; estrella deja que cante, deja que quiera como yo sé." C'est un petit extrait de "Zamba de mi esperanza" écrite par Luis H. Morales et chantée par Jorge Cafrune.
Un silence d'étoile, majestueux comme le scintillement astral, qui rend heureux quand un mot ou un sourire vient le briser, anéantissant l'idée de mort qui suit le silence comme une ombre.
Bonne journée douce Butterfly, bisous

Écrit par : Kardream | 27/01/2006

Le silence est utile...mais surtout ne pa

Écrit par : jicé | 27/01/2006

un coucou en passant..........un doux bisous en partant

A bientôt ma belle

Écrit par : eyes | 27/01/2006

Bonjour Crys Tout simplement Crys je te souhaite un agréable We
Bisou très bluesy.

Écrit par : DUKE | 27/01/2006

. . . Dis-moi, dis-moi que ton fleuve de parole
Est une atteinte à ma liberté d’homme ?
Dis-moi, dis-moi, que tes verbes s’envolent
Et se détruisent sur les rivages de mon sérum ?

Dis-moi, dis-moi, que ton regard se déguise
En mensonge quand je te donne mon amour ?
Dis-moi, dis-moi, que tes larmes me méprisent
Et m’enchaînent sur la pointe de ton église ?

Dis-moi, dis-moi, que tu es morte sur le lit noir
De notre premier accouplement, un lundi soir ?
Dis-moi, dis-moi que tu n’as plus de venin
D’amour qui paralyse mes actes humains ?

Je veux, de mon deuil, clore le tien, vipère,
Lovée dans ton nid et qui m’aime comme hier !

Max-Louis

Écrit par : Max-Louis | 28/01/2006

qu'il est doux... de se poser sur ces mots...
qui ne rêve de voir ses silences ainsi compris...

Écrit par : pierre de lune | 28/01/2006

bonjour un petit mot en passant

Écrit par : coeurdenfant | 29/01/2006

rêve... ... j'aime... bisous

Écrit par : cocoli | 29/01/2006

Max-Louis Ici souffle le vent de la poésie... Celle de Neruda t'inspire des vers en forme de prière et me font penser d'une certaine façon au péché orginel... ces vers poignants sont teintés du noir de ton encre plus que de celle de ton âme j'espère... je t'envoie un merci lumineux pour ton talent et ta présence ...

Écrit par : crysalidea | 29/01/2006

Le rêve du papillon ... Le rêve du papillon

Jadis, Tchouang Tseu (alias Tchang Tcheou) rêva qu'il était un papillon voltigeant et satisfait de son sort et ignorant qu'il était Tcheou lui-même.

Brusquement il s'éveilla et s'aperçut avec étonnement qu'il était Tcheou.

Il ne sut plus si c'était Tcheou rêvant qu'il était un papillon, ou un papillon rêvant qu'il était Tcheou.

C'est là ce qu'on appelle le changement des êtres.

Écrit par : Milko | 29/01/2006

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