24/11/2005

 Tempête

 

Jour de tempête sur Le Touquet... le vent du nord bat contre les vitres de ma chambre, aussi froid et cinglant que des mots que l’on n’aurait pas espérés… les rafales sifflent dans les interstices de ma fenêtre entr'ouverte…la pluie frappe, par à-coups, glaciale, hostile… Les éléments s'approprient tout l'espace, se déchaînent, reprennent leurs droits, maîtres des hommes impuissants et humbles… La longue dune s’est tue, désertée des derniers passants, et même les chars à voile de sortie ce matin ont écourté leur ballet pourtant si jouissif… seule la longue plainte du vent s'étire, le long du rivage, s'enroule autour de chaque obstacle, ne lui laissant aucune chance…Vague à l’âme…

Derrière la grande baie vitrée, qui m’éloigne et me retient, je regarde ce spectacle mille fois comptemplé, dans mille lieux différents, et qui n’a de cesse de me bouleverser chaque fois un peu plus… rencontre de la mer, du ciel, du vent et de la pluie, pour ne former qu’un Tout… ce Tout auquel j’aimerais tant appartenir à l'instant présent…Je ressens une pointe d’envie au passage des mouettes qui planent balancées par le vent, tout près de moi, et qui semblent me narguer de leur oeil moqueur… Vague à l’âme… N’ai-je pourtant pas recherché cette solitude, n’ai-je pas espéré au fond de moi vivre un instant comme celui-ci? La réponse m’apparaît évidente… j’ai refait seule plusieurs fois maintenant ces longues promenades le long de la mer jusqu’à l’embouchure de la Canche, espace sauvage épargné par l’homme, balayé par les vents du ciel, que seuls les oiseaux marins et les limicoles rebelles peuvent défier… là, accoudée à la rambarde en bois, souvent seule sans personne autour, mes pensées se sont envolées...  Je n’étais plus un être pensant, mais un être ressentant… me laissant pénétrer par des perceptions, et toujours avec force, la même impression s’est emparée de moi… celle de n’être qu’un infime particule qui, dans un instant fragile et fugace, dans un instant de grâce, tant il est rare, était en communion avec Lui, le Tout… Je ne lui donne aucun autre nom, celui-ci me suffit… J’ai appris à saisir le sens de cette mystérieuse offrande où tout se fond en un…et imperceptiblement des larmes rouges ont coulé dans mon Coeur…


17:04 Écrit par crysalidea | Lien permanent | Commentaires (10) |  Facebook |

Commentaires

Bouleversant Versets de sang
Bercés du chant
Des Goélands

Écrit par : Gaëtan | 24/11/2005

parfois il faut faire court... MAGNIFIQUE!

Écrit par : Banur | 24/11/2005

Vague à l'âme Les vagues de larmes rouges imperceptibles qui coulent sur ton coeur me ramènent à cette pluie qui coule sur le mien. Pause nécessaire pour mieux repartir. Pour où? Pour où le vent nous portera, là où la vie nous attend.
Bonne journée, bisous

Écrit par : Kardream | 25/11/2005

Vent très froid chez nous aujourd'hui Je te souhaite un bon week end. Bisous

Écrit par : jicé | 25/11/2005

**** c'est exactement ce que je ressens face à une nature tourmentée..
mon rêve,
habiter un phare battu par les vents et les flots
et grandir humblement par cet état de grâce sans cesse renouvelé...

Écrit par : pierre de lune | 25/11/2005

*** superbe ton texte. Je découvre avec ravissement ton beau blog
bisous

Écrit par : fanfan | 25/11/2005

Des mots Des mots plus forts que nos pensées
Des mots qu'on délaisse mais laissent des traces
Qui restent gravés
Et qui nous glacent
Ou font que nos rêves s'effacent
C'est des mots
C'est des mots qui font mal
Rien qu'des mots
Des mots qui passent, qui blessent
Tout au plus
Et même des mots qui tuent
Mais n'plus trouver les mots pour dire...
Même pour mentir...
Mais laisser venir le silence
Quoi de pire?
Des mots que l'on dit sans y croire
Des mots juste dits pour séduire
Qui sont sans espoir
Ou qu'on déchire
Pour avoir l'illusion de vivre
C'est des mots
C'est des mots qui font mal
Que des mots
Des mots qui passent, qui blessent
Tout au plus
Et même des mots qui tuent
Mais n'plus trouver les mots pour dire...
Même pour mentir...
Mais laisser venir le silence
Quoi de pire?

Paroles de Lionel Florence et Frédérique Hemery, musique de David Hallyday.

Les mots peuvent faire mal, blesser, tuer et les mots peuvent aussi faire du bien, rassurer, consoler, redonner espoir. Le pouvoir des mots est immense dans un sens comme dans l'autre. Pour qu'ils soient la base de toute élévation, il faut savoir s'en servir à bon escient. C'est tout un art, qu'il faut laisser s'exprimer de lui-même, ce que je tente de faire.
Bonne soirée, bisous

Écrit par : Kardream | 25/11/2005

très joli texte, pour ma part j'adore le vent je m'y sens dans mon élément

Bon week end

Bisous doux et à bientôt

Écrit par : eyes | 25/11/2005

Tout simplement !!!! Ce que tu ressens,me donne des frissons,je n'ajouterai rien.
Je t'adresse un tendre bisou doux.

Écrit par : DUKE | 26/11/2005

C'est exactement cela... Le Touquet, la Canche, la côte d'Opale, Etaples, Boulogne... La folle prairie de la Course... Un paysage qui ne laisse pas indifférent. Où l'on est triste peut-être, mais profondément vivant...

Écrit par : Pivoine | 30/11/2005

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