07/11/2005

wish you were here

 

 
Saturday night 11 p.m.
rue du Taur
 
La nuit est tombée... je marche... la ville est encore bien éveillée...
de la musique autour de moi... j'entends des rires monter le long
de la rue longue et étroite... l'écho de sons anonymes envahit l'air...
jusqu'à moi, jusqu'à mon coeur... je sens sur mes lèvres se dessiner
un faible sourire... je marche seule le long de la rue... je n'ai pas de
but précis... il fait froid et humide... mes cheveux deviennent sauvages...
mes mains sont glaciales... mon esprit est vide...
Cet homme s'approche de moi... me demande du feu dans un français
approximatif... je n'en ai pas... je ne fume pas... pourtant j'ai une
envie folle de sentir à nouveau le goût du tabac...
je lui demande une cigarette...
il sourit... m'en tend une... "sans feu, à quoi bon...?"... évidemment...
sourires... nous parlons... il est ici pour quelques jours seulement...
étranger... nous parlons dans la nuit et le froid... il est sculpteur... marbre...
tant de gens fument autour de nous... pourquoi ne leur a t'il pas
demandé... plutôt qu'à moi... silence... l'expression de son visage
se transforme... se ferme presque... il sort de la poche intérieure
de sa veste un petit livre souple... des photos de son oeuvre...
éblouie... des visages de femme sculptés dans le marbre immaculé...
il tourne les pages... s'arrête sur l'une d'elles... me la tend...
"see... your smile... so fragile..." ....

14:53 Écrit par crysalidea | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Les rencontres n'arrivent pas par hasard. Tes pas t'ont menée jusqu'à cet endroit précis pour cette rencontre sortant de l'ordinaire. Ces gens qui arrivent à capter une part de nous sans nous connaître ont un don.
Bonne après-midi, bisous

Écrit par : Kardream | 07/11/2005

Dans son vol, le papillon laissa une trace... Le destin choisit parfois une voie contre laquelle nous voudrions lutter, un chemin qui nous conduit dans une direction que nous ne pensions ou ne voulions pas forcément et qui indirectement nous éloigne de certaines personnes... tels sont les caprices du fleuve.
On ne peut jamais être certain évidemment mais toutes les étoiles du ciel, n'auraient assez de poids dans l'espoir de nous séparer.Quand il n'est pas là, il y a une part de moi qui manque et c'est réciproque, quand on ne se voit pas pendant quelques jours seulement, on ne se sent pas bien.J'ai vécu à l'étranger mais quand je suis revenu, nos liens étaient encore plus forts.Bien sûr la vie est un artisan des impondérables.
J'aime beaucoup la façon dont tu dis "nos yeux n'ont pas vu les mêmes choses alors qu'ils regardaient dans la même direction", chemin identique, différente façon de l'appréhender.
Très belle façon de décrire une scène plutôt courante... j'adore le "je sens sur mes lèvres se dessiner un faible sourire" ca me ressemble très fort dans ce même genre de circonstances.
Content de pouvoir te relire et à très bientôt j'espère.

Écrit par : Banur | 07/11/2005

J'ai envie de dire comme Kardream: il n'y a jamais de hasard...
Bisou

Écrit par : Fléa... | 07/11/2005

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