26/10/2005

Toulouse

Je t’ai découverte en cet été hostile, tes briques roses gorgées du soleil impitoyable.. désertée de tes habitants fuyant l‘air immobile, tu imposais à mon regard neuf ta solitude. La lumière de corail des murs de tes édifices centenaires reflétait son éclat tamisé de ton vieux centre jusqu’à tes berges où coule ton fleuve nourrissier, ta sève, la Garonne… ..

Toi, la rebelle, berceau du catharisme déferlant sur tes terres languedociennes, empreinte de ce passé sanglant, résolument tournée vers la chaîne des Pyrénées comme un salut, ton Coeur te porte au delà de cette frontière naturelle, vers l’Espagne si proche, si familière, si essentielle…

Fière de ton rang, capitale de l’Occitanie, tu arbores ta Croix dorée, gigantesque artère gravée dans le Coeur des tes pavés foulés par tes habitants et qui nourrit de son emblême tes cours cachées, tes églises et cathédrales romanes et tes cloîtres paisibles...

Gascogne avant tout, bercée par ton accent chantant où « roule un torrent de cailloux » tes ruelles étroites resonnent de timbres forts, de rires francs, et de mots colorés que tu revendiques comme un patrimoine.. L’air s’emplit de notes de blues qui montent des caves voûtées, et la voix de celui que tu vénères tant, s’élève, te vit, te chante telle une supplique « ô Toulouse, ô mon pais ».

Toi qui m’a vu grandir, que j’ai voulu quitter ardemment, emportée par le vent d’autant tourbillonant vers d'autres horizons, toi qui au delà des continents étais mon port d’attache, que représentes tu aujourd’hui ? Mes racines ou l'illusion d'en posséder ?


16:51 Écrit par crysalidea | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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