18/10/2005

chinese painting

J'ai vu par hasard cette photo en cette période de pré-halloween...
Mais, bien loin de réveiller en moi un quelquonque intérêt pour cette fête,
elle a ramené à mon souvenir les années passées à Singapour...
Je me souviens de cette ancienne maison chinoise, si grande, si seule, au centre de Chinatown...
conçue et aménagée selon les règles immuables du feng-shui;
Il fallait traverser plusieurs cours séparées entre elles par des portes arrondies... 
Chacune représentait un univers bien distinct... la terre, les cieux, l'eau, le feu...
réunissant les myriades de symboles chinois
pour que les voeux de longévité, richesse, santé, soient exhaussés...
Le silence y régnait... seul nous parvenait le ruissellement si apaisant de l'eau dans les fontaines,
sans lesquelles une maison chinoise n'est ni complète ni habitable...
Je me souviens de ces odeurs si pénétrantes des bâtons d'encens
et des papiers brûlés qui s'échappaient des cheminées du temple voisin
et qui envahissait chacun de ses recoins ...
Quelques "anciens" des maisons voisines étaient là, nonchalants, venus profiter de cet
ilôt de paix, perdu au milieu de la jungle de voitures, rickshaws... et des coups de klaxon...
Ils nous observaient de leurs yeux impénétrables,
nous les "amos", les blancs, si nombreux pourtant, mais toujours si curieux à leurs yeux...
C'est dans la dernière salle, que se tenait l'exposition de peinture
au milieu de céladons et des porcelaines tapissant tous les murs...
La première peinture que j'ai vue et devant laquelle je suis restée là, sans réagir,
était celle qui représentait ce fruit...
jamais je n'aurais pu imaginer que l'oeil du peintre qui avait capté sa beauté,
la restitue ainsi à nos yeux en quelques coups de brosses et de pinceaux
d'encre de chine colorée, ne laissant appaître que son essentiel... sa beauté...
Son regard sur les choses les plus usuelles de la vie semblait rendre à chacune d'elles 
sa valeur intrinsèque... et une beauté que nous n'arrivions jusque là pas à saisir...
Voir différement...  prendre le temps de la découverte...
changer son regard sur tout ce qui nous entoure,
respecter chaque être vivant, homme ou animal,
aussi insignifiant soit-il, juste par le regard...
c'est ce que Chen Yongqiang, ce peintre de Guangzhou, nous aura laissé comme message...
et que je m'efforce de ne pas oublier...
 
Les citrouilles de Chinatown... ma madeleine de Proust...













14:56 Écrit par crysalidea | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

jolie du proust maitenant... au faite dit moi ce que tu aime manger et
je mais mais une recettes rien que pour toi!!! gros bisous

Écrit par : cocoli | 18/10/2005

Tu as bien de la chance Une recette de Cocoli pour toi toute seule ;-)
J'ai bien compris ton post précédent... Pourquoi paniquer et pas tout simplement vivre??
J'aime bcp venir te lire... En plus, on voyage
Bisou

Écrit par : Fléa... | 18/10/2005

Je te lis... ... et je me sens bien dans cet univers. Sensation de paix et de profondeur, sentiment d'éternité aussi devant leur "sagesse" dans l'art de représenter les moindres choses...

Écrit par : pierre de lune | 18/10/2005

Venir... Lire et femer les yeux
Partir pour un voyage intérieur et heureux
Espérer encore et ne douter de rien
Prendre la douceur de la vie comme elle vient...
Venir et espérer encore...
Rêver à d'autres ports

Écrit par : Gaëtan | 19/10/2005

Chrysalide ou papillon? Premièrement merci pour ton commentaire, sans lequel je n'aurais peut-être pas trouver le protail de cet univers, empreint de beaucoup de symbolisme, de sentimentts suggérés mais éminemment présents, de légèreté, de tristesse et de douleur mais a la fois de clarté et d'espoir:
une sorte de vérité dans l'apparente mais fallacieuse contradiction.
Si ceci est le talent de la chrysalide, je ne peut que m'impatienter de voir s'éveiller le papillon.
Ou bien peut -être , au contraire, que toute la fragile beauté réside dans le fait que jamais chrysalide ne deviendra papillon?
J'espère avec le temps trouver quelque élément de réponse a cette question.

Écrit par : Banur | 19/10/2005

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